
LA TETE
Le lijam
اللجام
al-lijam — la bride
La bride tient le front. Sans elle le mors n'a pas de siège. Premier apprentissage : recevoir une mesure, non pour diminuer la force, mais pour qu'elle puisse être conduite.
FURUSIYYA
الْعُدَّة
Le mors, la selle, la règle. Ce que l'on met sur le cheval figure ce que la maison met autour de l'homme.
وَأَعِدُّوا لَهُم مَا اسْتَطَعْتُم مِّن قُوَّةٍ وَمِن رِبَاطِ الْخَيْلِ
« Préparez contre eux ce que vous pouvez de force et de chevaux tenus en bride. »
Coran, al-Anfal 8:60
الْخَيْلُ مَعْقُودٌ فِي نَوَاصِيهَا الْخَيْرُ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ
« Le bien est noué à la crinière des chevaux jusqu'au Jour de la Résurrection. »
Hadith — Sahih al-Bukhari 2850
La furusiyya donne à la formation du caractère un corps. On fait faire aux sani l'expérience physique de tenir un animal encore indompté, afin qu'ils comprennent, dans le geste même, ce que c'est que se commander.
Le mors n'est pas un hasard du harnachement : c'est la figure du frein qu'un homme pose à ce qui, en lui, voudrait l'emporter. Les passions ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Elles le deviennent par l'usage qu'on en fait. On ne les éteint pas : on les imbride — comme on dresse un poulain, non pour le briser, mais pour orienter sa force.
Le poulain qui se cabre et cherche à désarçonner celui qui le monte est comme celui qui entre à Dar al-Hiraf. La communauté lui fournit le mors, la bride, les éperons et la selle. Mais c'est lui-même qui doit se tenir.
العُدّة
al-udda — le harnachement, l'équipement du cheval
| Harnachement | Office aupres du cheval | Figure pour le caractere |
|---|---|---|
| الحكمة al-hakama Le mors | Parle à la bouche | Le frein |
| العنان al-inan Les rênes | Portent la main | L'intention |
| اللجام al-lijam La bride | Tient la tête | L'orientation |
| السرج as-sarj La selle | Donne la place | La règle |
| الجل al-jull La housse | Couvre et honore | Ce qui se montre, sans vanité |
| البطانة al-bitana La sangle | Serre sans étouffer | La mesure |
| الركاب ar-rikab Les étriers | Reçoivent le poids | L'appui des compagnons |
| المهماز al-mihmaz Les éperons | Éveillent, sans briser | L'exigence |
| اللبب والحقب al-labab wa-l-haqab Poitrail et croupière | Retiennent la selle | Ce que la communauté met autour |
La communauté fournit le mors, la bride, les éperons et la selle. C'est le sani qui doit se tenir.

LA TETE
اللجام
al-lijam — la bride
La bride tient le front. Sans elle le mors n'a pas de siège. Premier apprentissage : recevoir une mesure, non pour diminuer la force, mais pour qu'elle puisse être conduite.

LE FREIN
الحكمة
al-hakama — le mors
Le mors n'ôte pas le feu du cheval : il lui donne un langage. Ainsi des passions. On ne les éteint pas ; on les imbride.

LE DOS
السرج
as-sarj — la selle
La selle donne l'assiette. Dans la maison, la règle tient le même office : elle permet de durer.

CE QUI SE MONTRE
العُدّة
al-udda — le harnachement
Nappes et poitrail : ce que le cheval porte au-dehors. L'udda peut être riche ; elle ne doit jamais être creuse.

LE CAVALIER
الفارس
al-faris — le cavalier
L'autorité se voit à la façon dont l'homme se tient auprès du cheval, non à l'ornement. Qui ne se commande pas ne commande pas.

LE SAIS
السائس
as-sais — l'écuyer
Le sais tient le cheval. Ce n'est pas une servitude : c'est le geste qui rend la furusiyya possible. Qui a le degré ne refuse pas l'office humble.

LE POULAIN
المُهر
al-muhr — le poulain
Le poulain qui se cabre n'est pas un défaut : c'est la force avant la mesure. La communauté offre le frein. Il lui revient de se tenir.